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Le 5 décembre et après

Tous et chacune en grève à partir du 5 décembre. Mobilisons-nous et organisons la résistance constructive pour qu’enfin notre avenir ne soit plus remis entre les mains de celles et ceux qui le ruinent tout en détruisant la planète.

Partout dans le monde, les États sont sommés de répondre aux injonctions des puissances économiques pour accélérer le démantèlement des droits sociaux et des services publics, la précarisation du travail, la dérégulation, la réduction des salaires au profit des actionnaires. Aucun secteur n’est épargné. L’université, l’école et la recherche, l’hôpital, la poste, l'énergie, les transports : tous les services publics sont attaqués. L'actuelle "réforme" des retraites du gouvernement Macron plafonne la valeur totale des pensions à 14% du PIB en diminuant la part perçue par chaque retraité·e. Ce faisant, elle détruit la solidarité intergénérationnelle et favorise le recours individuel aux retraites complémentaires dépendantes de fonds spéculatifs privés, étape supplémentaire vers un système de retraite par capitalisation.

Depuis trois ou quatre décennies, le mouvement s'accélère et il n’est plus possible d’ignorer les dramatiques conséquences du capitalisme néolibéral sur la vie humaine et le vivant en général. Depuis la grève historique de 1995, les conditions de vie des travailleur·ses, des salarié·es et des chômeur·es en France se sont encore dégradées. À l'école, le mal-être a été brutalement révélé par le suicide d’une directrice. À l'université la précarité des étudiant·es a été illustrée par l’immolation, à Lyon, de l’un d’entre eux, qui a donné à son geste une motivation clairement politique. À l'hôpital public les soignant·es ont dénoncé haut et fort, lors des mobilisations du 14 novembre, les conséquences tragiques des pratiques de “rentabilisation” des biens collectifs, des fermetures de lits et de l’obligation de travailler jusqu’à épuisement. Dans la recherche, le pilotage politique et la précarité règnent au détriment de la créativité scientifique.  

Aujourd'hui c’en est fini de la servitude volontaire : les peuples qui se soulèvent à travers le monde – au Chili, en Irak, en Iran, en Algérie, au Liban... – l’expriment massivement. En France, depuis plus d’un an, les Gilets Jaunes ont montré qu’en recouvrant l’esprit de solidarité, on pouvait reconquérir le pouvoir de décider dans tous les domaines. Macron et son gouvernement ont refusé de les entendre, la répression judiciaire et les violences policières qui les frappent en sont la preuve. Et pourtant, des blocages des ronds-points aux assemblées, des expériences communalistes locales aux luttes aux côtés des salariés des entreprises : beaucoup sont passés à la construction collective et à la réappropriation de leur vie. Aucun dispositif de domination et de répression ne tient plus pour imposer le silence aux populations.

À partir du 5 décembre, la grève qui s'annonce comme la plus importante en France depuis 1995, va permettre à tous et chacune d'agir, salarié·es du public comme du privé. C’est l’occasion d'exprimer un refus massif des discours trompeurs qui prétendent que la réduction des déficits doit passer par la destruction des services publics, que la diminution des fonctionnaires s’impose, que le travail partiel correspond à un mode de vie désiré, que l’auto-entreprenariat est une manière d’être libre, qu’aucune alternative n’est possible.

Nous, enseignant·es, chercheuse·rs, doctorant·es, étudiant·es, membres de l’Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la recherche, serons ensemble dans le mouvement de grève, de la maternelle à l’université pour entrer en résistance contre les transformations inadmissibles de notre société, imposées par ce gouvernement et ses prédécesseurs. Ensemble, nous serons solidaires des agent·es de la SNCF et de la RATP, des employé·es des banques, des salarié·es des entreprises privées, des cadres, des agriculteurs·trices, des soignant·es mais aussi des chômeur·ses, des précaires, des sans-papiers et des sans droits. Ensemble, en grève interprofessionnelle illimitée et dans la rue, nous montrerons notre détermination à contrer ce néolibéralisme destructeur et à faire tomber ce gouvernement des « experts » au service d’une minorité.

Tous et chacune en grève à partir du 5 décembre. Mobilisons-nous et organisons la résistance constructive pour qu’enfin notre avenir ne soit plus remis entre les mains de celles et ceux qui le ruinent tout en détruisant la planète.

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